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Saturday, 08 May 2021
Thailande 3/3 E-mail Imprimer
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MauvaisBon 
Ecrit par FADM  
Wednesday, 23 April 2008

Thaïlande : du 24 juillet au 22 août 2007, 2500 km

C'est depuis le village où nous sommes de retour que je remplis ce carnet de route. Nous l'avons passé avec Jérémy et Vincent, nos neveu et cousin, venus de France pour partager quelques jours sur les routes Thaï.

Cela commence avec près de cinq heures de retard à Suvanabhumit airport le nouvel aéroport de Bangkok. C'est le retard qu'a leur avion.

Auparavant dans la journée nous avons dit au revoir à Francis et à sa famille qui arrêtent là le voyage et regagnent la France. Nous leur souhaitons bonne chance.

Nous sommes contents de les voir arriver. Avec eux, nous revoyons un peu le pays que nous avons quitté il y a bientôt un an et demi.

Nous prenons la direction de Bang saen non loin de là pour une première nuit. Je vous l'ai déjà dit, la mer en cet endroit n'incite guère à la baignade. Coincée entre les eaux grises de la Chaopraya  et le méga port industriel de laem Chabang à quelques portées de traits d'arbalète, nous ne nous y attardons pas. La finalité de ce voyage étant le nord du pays, je ne m'enfonce pas trop dans le pays à la recherche de plages immaculées aux eaux turquoise. J'ai  vu sur des revues que la région de Rayon un peu plus au sud vers le Cambodge, comptait quelques endroits sympas, aussi nous nous y rendons. Autant le dire tout de suite, les photos sont menteuses et si vous venez en Thailande pour profiter de la mer, ce n'est pas de ce côté qu'il faut chercher. Préférez les plages sur la mer des Andaman qui, à mon avis, sont les plus belles. A vrai dire, vers Rayon, les plages ne se découvrent qu'à marée basse et la propreté des lieux laisse à désirer.

Après deux jours de récupération nous mettons le cap au nord, direction Lop Buri, la cité des singes. Ici, ils vivent en liberté, arpentent les espaces verts, colonisent les hangars, guettent depuis le toit des immeubles, font du trapèze sur les fils électriques et à l'occasion volent les effets des touristes peu méfiants. Bref ils sont en pays conquis. Après le wat Phra sri Mahathat où règne une grande ferveur, nous visitons le temple Prang Sam Yod, d'origine hindouiste  les trois prangs révèlent le style  Khmer. C'est ici que Masya doit lutter pour sauver son sac à mains qu'un singe veut lui voler. La bretelle ne résistera pas à cet assaut.

Notre montée vers le nord nous conduit à Phitsanulok, ville désertée à tort par les touristes. Le wat Phra si Ratana Mahathat  abrite le buddha de Sukhothai, un des plus anciens du pays qui a la particularité de servir de modèle à tous les buddhas du pays. C'est également un des rares monuments ayant échappé à l'incendie qui ravagea une grande partie de la ville il y a trente ans.  Un peu plus loin, le musée privé du Sergent Major Thawee, mérite à lui seul le voyage à Phitsanulok. Il est l'oeuvre  un Thaï amoureux de son pays qui a glané pendant plusieurs décennies des centaines d'objets hétéroclites. Nous admirons entre autres dans la belle demeure en teck, une fabuleuse collection de râpes à coco, toute une palanquée de pièges et appeaux à oiseaux, serpents ou animaux sauvages, de vieux poêles à bois ou charbons et une multitude d'objets désuets. Le clou de la  visite est la notice explicative imagée de la castration des bœufs. J'en frémis encore ! (si quelqu'un souhaite des détails, qu'il me le fasse savoir)  Le soir nous nous baladons dans le marche de nuit sur les bords de la rivière Nan. Vincent en profite pour gouter au plaisir du massage.

A une petite heure de là, Sukhothai, première capitale de l'ancien royaume fondé en 1238. Il est considéré comme le berceau de la culture siamoise et des représentations de Bouddha.
Sukhothaï, qui signifie « naissance du bonheur » en pali, la langue d'un grand nombre de sutras bouddhiques, fut à l'origine contrôlé par le royaume d'Angkor, l'un des royaumes khmers, mais recouvra son indépendance sous le roi Sri Int'ratit. Sukhothaï connut son apogée entre 1275 et 1317, notamment sous le règne de Rama Kamheng, qui étendit les frontières du royaume jusqu'à englober la majeure partie de l'actuelle Thaïlande. La puissance du royaume déclina à la mort de Rama.
Les artistes de Sukhothaï furent les premiers à sculpter Bouddha marchant. Sukhothaï est aujourd'hui le site antique le plus visité de Thaïlande et compte plus de 40 temples répartis sur une superficie de 7 000 ha.

                                             


Un des moyens les plus approprié à la visite de ce gigantesque parc est le vélo. C'est donc ainsi que nous sillonnons les allées parfaitement entretenues sous la voute d'arbres centenaires, allant d'un temple à l'autre en admirant ces pures merveilles d'architecture  encore parfaitement conservées.

                           


Nous roulons maintenant en direction de Mae Hong Son, non loin de la frontière birmane. Après un diner rapide, harcelés par les moustiques, pour la première fois depuis le début du voyage, j'enfreins une règle : celle de rouler sans y être forcé après le coucher du soleil mais le temps passe vite et nous avons encore beaucoup de choses à voir avant notre retour vers la capitale. Aussi je roule jusqu'à ce que la fatigue, la route tourmentée et la pluie violente qui vient de s'inviter me fasse stopper à Mae Sariang.
A une dizaine de kilomètres de Mae Hong Son, nous nous rendons sur un site de sources d'eaux chaudes. Bien avant de les voir, c'est leur odeur d'œuf pourrit qui nous saisit. Nous déclinons la proposition de bain et de massage purificateurs et poursuivons jusqu'au chef lieu. Mae Hong Son est un gros bourg sympathique  au climat agréable d'où partent grand nombre de treks. Nous nous stationnons au bord du lac et partons visiter le temple (et oui encore un). C'est un temple d'inspiration birmane aux toitures en forme de barque renversée. Constitué principalement de bois, il abrite une jolie collection d'images et une fresque de la naissance à la mort assez saisissante. Attention les femmes ne sont pas admises partout !

                
Pour accéder à une tribu Karen de femmes girafes, nous avons recours à un 4x4. La piste conduisant au village près de la frontière est défoncée et les pluies des derniers jours n'ont rein arrangé. Les Karen que nous allons rencontrer ne sont pas Thaï mais Birmans. Ils se sont réfugiés en Thaïlande pour fuir les persécutions dont ils sont victimes dans leur pays. Le gouvernement Thaï les tolère. Ils ne peuvent ni se déplacer librement ni travailler. Ils vivent du tourisme et d'un peu d'artisanat. La visite du village me met mal à l'aise tant j'ai l'impression de me trouver dans un zoo. Les femmes souvent très belles  dégagent un très fort sentiment de noblesse et de fierté. Nous nous arrêtons à plusieurs stands, achetons quelques babioles inutiles. Leur voix est douce et à peine audible.  Leur cou démesurant long soutenu par des anneaux de bronze fragilise les cordes vocales. Les hommes  en retrait sont oisifs. Plus loin les enfants jouent au foot volley. La pluie tombe drue.

                                                                                                 


Nous roulons depuis plus de deux heures et avons manqué les grottes de Lod. Il se fait tard. Nous passons la nuit à Paï, petite localité fréquentée en masse par les routards. Paï avec ses allures de Woodstock n'incite guère à l'arrêt prolongé. Deux rues perpendiculaires occupent le centre de la ville et la plupart des bars, restaurants et boutiques yéyé que comptent la ville s'y trouvent, souvent tenus par des « farangs » chevelus et tatoués.

                        


Nous rebroussons chemin en direction des grottes de Tham Lod. Ces grottes ont la particularité d'abriter des milliers de chauves souris et d'hirondelles. La visite  en elle-même n'a rien  d'exceptionnel. Deux ou trois  jolies salles cependant  que nous découvrons à la lueur des  lampes à pétroles de nos guides.  Tout se joue sur le coup des dix huit heures. Nos guides nous ont abandonné depuis longtemps après nous avoir montré le chemin au milieu des bois. Nous sommes revenus chercher une lampe électrique et l'attente commence, de courte durée. Des milliers d'hirondelles cerclent dans le ciel attendant leur tour pour pénétrer dans  la grotte. C'est une véritable déferlante  qui s'abat sur nous. Extraordinaire ! Pendant une heure elles s'engouffrent par milliers dans la grotte. A la tombée de la nuit ce n'est pas fini. Les premières chauves souris prudentes sortent en longeant les parois.  La pluie n'a pas cessé de tomber et depuis un moment nous sentons que des bestioles nous grimpent le long des jambes. Ce sont des parasites à l'aspect de cafards qui vivent sur le sol jonché d'excréments d'oiseaux et de plumes. Il est temps de partir. La lampe donne des signes de faiblesse et nous faisons grand bruit pour éloigner les éventuels reptiles. Une demi-heure plus tard, nous apprécions la douche qui nous débarrasse de nos hôtes indésirables.

            


Il est plus d'une heure du matin lorsque je stoppe, épuisé à l'entrée de Chiangmai. La route aux 1600 virages mérite bien son nom.
A Chiangmai nous empruntons la route touristique par excellence de Mae sa. Notre première visite est pour une serre qui abrite de magnifiques orchidées jalousement gardées par leur propriétaire. La visite continue par la ferme des serpents. Phobiques s'abstenir ! Le show cobra est particulièrement réussi et d'un bon  ton au-dessus de ceux proposés dans la capitale. Notre virée se termine par la visite au centre d'entrainement des éléphants. On les fait jouer au foot, peindre, tirer des fléchettes. Leur habileté surprend. Le show fait le bonheur des enfants et celui des grands et se termine généralement par le nourrissage à grands renforts de régimes de bananes et de cannes à sucre. Les enfants profitent de l'occasion pour faire une balade sur le dos des pachydermes.

                               

                                             

Le soir nous dinons au marché de nuit et assistons à un spectacle de danses folkloriques.

               


Nous consacrons la journée du lendemain à la visite du Doi Suthep, un temple magnifique (eh oui encore un  autre) situé sur une montagne qui nous offre une vue imprenable sur la ville et passons  l'après-midi dans les  manufactures d'artisanat. C'est aussi le moment de faire réaliser un entretien complet du camping-car. Ouf, il respire  mieux avec ses filtres neufs que j'avais en réserve dans les coffres.
Nous passons notre dernière journée à Chiangmai  dans la maison de nos amis Raymond et Ampha. Ils sont arrivés depuis peu de Paris pour quelques semaines de vacances.  J'en profite pour les remercier du merveilleux moment qu'ils nous ont offert et je salue leurs amis.


Notre descente sur Bangkok est rapide et en partie nocturne. Il est temps de faire une balade en bateau sur la Chaopraya. C'est une des meilleures façons de découvrir la ville. Nous nous arrêtons au Wat Pra Kheo (encore un temple). Il referme le bouddha d'émeraude. C'est une merveille d'architecture en perpétuelle rénovation. Depuis le temple nous avons une vue sur la résidence royale, désertée depuis que le précédent roi, Rama VIII atteint de malaria s'y soit donné la mort. Elle sert aujourd'hui de chambre d'hôte de haute volée pour les dignitaires de ce monde en visite en Thaïlande. Dernière après-midi de shopping dans les gigantesques centres commerciaux de Siam Square et il est temps de reconduire Vincent à l'aéroport. Nous reconduisons Jérémy le lendemain. Ces quinze jours ont défilé rapidement. Nous sommes installés chez Youi, notre nièce à Bangkok.


De là, nous partons vers Kanchanaburi où se trouve le pont de la rivière Kwaî. Nous le traversons comme le font grand nombre de touristes. Bombardés à plusieurs reprises pendant la guerre, il a été remis aux normes d'aujourd'hui pour permettre le passage d'un train. Le musée consacré au pont et aux prisonniers de guerre qui l'ont construit est déroutant. Dans une première salle on peut y voir des objets ayant appartenu aux prisonniers ou à leurs gardiens japonais, quelques peintures plus ou moins réussies, un morceau du pont original. Nous poussons une autre porte et nous retrouvons en pleine préhistoire. Plus loin une autre salle généreusement pourvue d'objets et d'armes anciennes. Les murs sont tapissés d'articles de journaux consacrés à la seconde guerre mondiale et à d'autres événements commentés avec plus ou moins de bonheur. On y confond Napoléon et Bismarck, on se trompe quelquefois de date ou d'évènements. A l'étage, aussi surprenant que la partie préhistorique, nous découvrons le portrait de toutes les miss Thaïlande et leurs costumes de consécration.


Nous poursuivons en direction des cascades d'Erawan. Généralement décevantes en Thaïlande, celles-ci méritent vraiment qu'on s'y attarde. Ce que nous faisons généreusement.

                  

                                  
J'ouvre une parenthèse. Je ne peux pas quitter l'Asie sans pousser un grand coup de gueule. Depuis l'Inde, la visite des parcs nationaux où monuments ne cesse de me mettre en colère et je ne suis pas le seul. Deux prix sont affichés : le premier dérisoire pour les natifs du pays et le second sans commune mesure pour les touristes étrangers. Ainsi, pour ne citer que les plus remarquables, la visite du Taj Mahal à Agra est facturée 20 roupies pour les indiens et 750  (15 €) pour les étrangers. Angkor Wat au Cambodge est gratuit pour les cambodgiens et nous coûte 20 US dollars par personne et par jour  alors qu'il est restauré en partie grâce à l'argent du contribuable français. Hormis ces deux cas, La différence s'établit généralement entre quatre à dix fois. Je ferme la parenthèse et j'en reviens à mes cascades.

      

Elles s'étirent sur un peu plus de deux kilomètres  et comptent sept niveaux. L'eau provenant d'un barrage situé en amont (étonnant non ?) est abondante et d'une belle couleur turquoise. Le sentier qui les longe serpente dans une végétation luxuriante. Le cadre enchanteur est reposant et cerise sur le gâteau, aucun  moustique ne vient troubler la fête. C'est aussi pour nous, chanceux, l'occasion  d'admirer un bel iguane qui s'enfuit paresseusement à notre approche. Le seul hic, c'est mon pied droit accidenté qui me rappelle que tout effort se paie cash. Je finis le parcours en trainant la patte.

Voilà, c'est ainsi que j'achève ce chapitre.

Le prochain et dernier nous conduira vers le sud du pays avec l'Australie en point de mire mais ce n'est pas pour tout de suite.

 

Dernière mise à jour ( Sunday, 11 December 2011 )
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