Saturday, 24 October 2020
Costa Rica E-mail Imprimer
Classement utilisateur: / 1
MauvaisBon 
Ecrit par FADM  
Friday, 22 January 2010

Costa Rica du 4 au 14 janvier 2010

Nous roulons enfin au Costa Rica. Entrer dans ce pays après les fêtes de Noël est quelque chose que nous ne sommes pas près d'oublier. Arrivés vers 13 heures à la frontière côté Nicaragua, nous y sommes devancés par une dizaine de bus qui ramènent au Costa Rica les travailleurs Nicaraguayens, Honduriens et Salvadoriens qui sont rentrés chez eux pour les fêtes. Commence alors l'attente dans une queue interminable en pleine chaleur. Deux heures pour enfin rallier le guichet et faire tamponner les passeports. Nous partons vers le Costa Rica  pour y  recommencer la queue contrôlée par un policier et qui s'étire en huit méandres d'une vingtaine de mètres chacun. Heureusement ici les formalités sont rapides et en moins d'une heure les sésames sont apposés sur nos passeports. Il ne nous reste plus que le véhicule et enfin nous sommes libres.

Ce qui change le plus, lorsque l'on arrive dans ce pays et qui mérite d'être souligné, ce sont les grilles et fusils qui disparaissent pratiquement du paysage ainsi que les ordures qui ne jalonnent plus les routes.

Nous roulons sur une panaméricaine en parfait état bien qu'étroite. La végétation luxuriante qui nous entoure fait rapidement oublier les collines déboisées des pays voisins, nous croisons de belles et grandes prairies où paissent de grands troupeaux de vaches à bosse comme l'on trouve en Asie et longeons quelques  fermes importantes et modernes. Nul doute, nous venons de changer de monde. Le parc automobile change également et s'étoffe. Finit les poubelles roulantes et les camions pétaradants. Ici les 4x4 américains et les berlines japonaises rutilants occupent le haut du pavé. Depuis le Mexique, nous croisons régulièrement quelques Peugeot et Renault.

Nous décidons de passer notre première nuit sur la plage, côté pacifique. Pour se faire nous devons rentrer dans un parc national qui en fait se limite à la plage. Première et amère surprise, le prix d'entrée : 2 $ pour les locaux et 10 $ pour les « extranjeros » comme nous. Le prix s'entendant bien sûr par personne plus le prix à payer pour le véhicule. Ici il n'y a pas de « pass » comme aux états unis qui moyennant 80 $  donne accès  à tous les parcs américains pour vous, votre famille et votre véhicule. Donc après une première nuit passée sur le bord ...de la route, nous longeons la côte pacifique vers le sud. Bien vite la route fait place à une piste caillouteuse qui s'enfonce dans la forêt sur plusieurs dizaines de kilomètres. Chaque accès à la mer est la propriété d'un  Costa Ricain où d'un américain qui a investit dans le pays et qui compte bien rentrer dans ses frais...

Nous faisons halte à Guajiniquil dans un complexe hôtelier  et résidentiel. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Mathieu et nous allons le fêter. L'endroit est magnifique et idéalement positionné sur le bord d'une plage de rêve. Tout y est : le luxe, le confort, le cadre, la qualité de la nourriture. Il ne manque que le principal : les touristes.

      

Nous rencontrons une sympathique jeune femme Suisse qui gère depuis neuf ans déjà les luxueuses villas. Elle nous retrace rapidement l'histoire des lieux. Quelques américains ont investis ici, il y a une dizaine d'années en faisant construire  de luxueuses villas après avoir hypothéqué leurs propriétés aux States. Vivant avec le meilleur de la nourriture, des vins, sur la dizaine de cartes de crédit entassée dans leurs portefeuilles, ils ont été  rattrapés par la crise et les banques sont devenues propriétaire des biens, tant au Costa Rica qu'aux usa.  Aujourd'hui, la plupart des villas sont vides et le propriétaire de l'hôtel est obligé de morceler et vendre son terrain pour survivre. Un immeuble inachevé domine les lieux, malheur à ceux qui avaient acheté leur futur appartement sur plans.

Après une excellente soirée, nous reprenons la route en direction du centre du pays. Nous roulons maintenant vers le volcan de l'Arenal. Nous grimpons gentiment sur une petite route à travers une jungle dense et foncée due aux incessantes précipitations qui arrosent la région. Dans cette région, il tombe environ trois mètres d'eau par an et bien entendu, aujourd'hui  il pleut tout comme il pleuvait hier et les nuages qui nous entourent rendent la visibilité vers le volcan nulle. Heureusement, au détour d'un virage, une bonne surprise nous attend. Un groupe de Coatis cherche sa pitance et semble apprécier notre présence et celles des usagers qui comme nous se sont arrêtés pour les photographier.

Nous nous stationnons dans un pré camping face à l'entrée du parc de l'Arenal et attendons. Demain il fera peut être meilleur. A l'heure où j'écris ces quelques lignes, de nombreux bus et vans de touristes entrent et sortent du parc. Les gens sont déçus !

               

Sept heures, la pluie martèle le camping car. A quoi bon insister, petit déjeuner et  nous partons vers le volcan Poas un peu plus au sud. Sur la petite route qui nous amène vers San José, la visibilité n'excède pas vingt mètres. Les véhicules se suivent au ralenti jusqu'en bas de la montagne où enfin le brouillard disparaît. Il faut rentrer dans les faubourgs de San Jose avant d'attaquer l'ascension du Poas. Nous grimpons au travers des plantations de caféiers, croisons quelques hameaux où nous devons souvent demander notre route faute de panneaux indicateurs. Quelques vendeurs ambulants tentent d'écouler leur récolte de fraises. Le crépuscule s'annonce lorsque nous trouvons un stationnement à quelques centaines de mètres de la porte du parc national. La vallée est noyée dans un océan de nuages et de brumes. Nous regardons un film lorsque les lumières de San José nous apparaissent à travers la vitre du camping car. Le temps se lève. C'est peut être de bonne augure pour le lendemain.

 

 

Au petit matin, la vue sur la vallée, deux mille mètres sous nos pieds est magnifique. Sur notre droite, la baie de Nagoya sur le pacifique nous apparaît dans une netteté remarquable. Les villes de Puntarenas, Espiritu santo, Alajuela et San José occupent le fond de la vallée.

      

En compagnie d'une quinzaine de touristes, nous approchons du cratère du Poas.  Tout au fond, le lac couleur émeraude aux eaux sulfureuses est nimbé dans les volutes de fumée qui s'échappent du cône. Nous continuons notre balade vers un petit lac situé de l'autre côté du volcan avant de quitter le parc. Ici aussi, le parc est petit, juste de quoi faire une ou deux photos. Vous payez pour un repas complet et on ne vous sert que le dessert. C'est un peu l'impression que l'on ressent jusqu'ici, en visitant les parcs Costa Ricains et on reste sur sa faim. Espérons que cela changera à mesure que nous nous enfoncerons dans le pays.

         

 

Nous mettons le cap vers le la mer des caraïbes avec en point de mire le parc de Tortugero. C'est là qu'en juillet et août les tortues de mer viennent pondre. A cette période de l'année, il s'agit de faire une balade dans les canaux au milieu de la forêt tropicale pour voir un maximum d'animaux. Nous roulons depuis une quinzaine de kilomètres lorsque nous arrivons à des travaux routiers. La route est coupée et il nous faut faire demi-tour. Dans ce pays, les panneaux sont une denrée rare ! Une fois de plus, nous devons redescendre dans la banlieue de la capitale et  chercher notre route. Pour ne rien arranger, il existe souvent plusieurs localités du même nom et tantôt on vous envoie à droite, tantôt à gauche. De plus, la cartographie GPS n'est pas précise du tout, ce qui n'arrange rien. Finalement, nous trouvons la sortie de ce labyrinthe et nous devons retraverser la chaine montagneuse qui coupe le pays en deux parties : Pacifique et Caraïbes, par la « rain forest ». Jamais forêt n'a mieux mérité son nom. La pluie redouble de violence. L'accalmie n'aura été que de courte durée.

        

Après une nuit sur le bord de la route à Cariari, nous pointons au petit matin à Pavona. C'est ici que la route s'arrête ou plutôt la piste car depuis une vingtaine de kilomètres nous roulons sur une piste de galets au milieu des ruisseaux et bananeraies. Nous embarquons à bord d'une longue barque taxi et commençons la descente des eaux limoneuses du rio Suarte  vers le village de Tortugero. La barque pilotée avec dextérité slalom entre les débris de bois flottants, négocie les méandres serrés et débouche enfin, après plus d'une heure de navigation sur un fleuve large à l'approche du village. Une famille de québécois part vers l'hôtel qu'elle a réservé tandis que nous négocions le prix de l'excursion dans le parc.

      

Nous voilà dans une barque,  rame à la main pour aider notre guide à remonter le courant. Nous quittons rapidement le large fleuve pour nous enfoncer dans les petits canaux qui découpent la jungle tropicale. Notre guide qui a un œil d'aigle nous fait découvrir toute une variété de reptiles et d'oiseaux : iguanes, basilic, caïman, singes, héron et beaucoup d'autres oiseaux inconnus que nous nous efforçons de photographier et filmer sous la pluie battante  en essayant de préserver les appareils. Malgré les ponchos, nous sommes trempés jusqu'aux os. Nous finissons la balade par l'observation d'un magnifique paresseux qui se régale de feuilles tendres et que la pluie ne semble pas déranger. Il fait presque nuit lorsque nous retrouvons notre maison à roulettes. 

     

       

La descente par la vallée de Turrialba est réputée pour la beauté du paysage, mais la pluie qui nous colle à la peau rend toute visibilité impossible ou presque. A de trop rares moments, nous apercevons quelques collines plantées de caféiers ou peuplées de petits troupeaux de vaches belles et grasses. 

Nous retrouvons enfin le soleil en arrivant sur la côte pacifique où nous faisons nos deux dernières étapes à proximité de belles plages de sable gris désertes.

      

Nous avons enfin des nouvelles du bateau. L'embarquement sera pour le mercredi 21 janvier à Colon au Panama  en direction de Carthagène en Colombie. Il est temps de passer la frontière.

 

 

Dernière mise à jour ( Sunday, 11 December 2011 )
Top! Top!