Saturday, 03 December 2016
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Ecrit par FADM  
Wednesday, 01 February 2012

Brésil : Du 17 au 21 mai 2010

 

Nous venons d'entrer dans le pays où chaque morceau de terrain libre est marqué par deux cages de but, où le football est la deuxième religion, nous venons d'entrer au Brésil. 

Pour ne pas rouler sur nos pas pendant près de mille kilomètres, nous décidons de traverser le sud du Brésil en direction de l'Uruguay voisin d'où nous rallierons Buenos Aires, le terme de notre voyage.

Depuis hier, il pleut. Une pluie violente et continue qui ne nous laisse pas un moment de répit. Nous venons de passer la frontière après une fouille méticuleuse du véhicule côté argentin, beaucoup de marijuana circule entre les deux pays, et longuette côté Brésilien car tous les bureaux ne se trouvent pas au poste frontière et le douanier, fort sympathique du reste, part dans les rues de la ville avec notre dossier sous le bras pour finaliser le passage et nous attendons son retour.

Ce passage de frontière, comme tous les précédents n'apporte pas de réel changement dans le paysage de collines boisées, de prairies et de petites parcelles cultivées. Nous traversons des villages et villes aux maisons sans charme et cernées d'usines et de scieries.

       

Nous progressons sur des routes qui comme leurs homologues argentines sont tantôt moyennes, souvent mauvaises et rarement bonnes, au milieu d'une horde de fous furieux du volant que rien n'arrête, ni les panneaux d'interdiction de dépasser, ni les virages, ni les sommets de côte, ni la pluie battante et le brouillard qu'ils traversent sans allumer leurs feux et quand ils ne peuvent vraiment pas passer, ils vous collent les fesses pour vous signifier leur agacement et qu'a trouver le gouvernement pour remédier à ce problème, ‘je vous le donne Emile comme aurait dit Coluche' : le Tope (ralentisseur ou dos d'âne). Ils fleurissent les villages, villes et carrefours et comme ça ne suffit pas on leur allie haricots, chicanes ou autres plots séparateurs de voies dans les endroits les plus chauds. Dans ces conditions, à déjouer tous les pièges de la route, naturels et artificiels votre attention doit être constante, pas une seconde de relâchement. Heureusement qu'il n'y a pas grand-chose à voir.

        

Il faut attendre la région de Sao Joaquim pour trouver quelque intérêt au paysage. La route s'élève doucement jusqu'à mille cinq cents mètres. Nous traversons de petites forêts de pins aux branches remontantes en forme de chandelier, croisons de petits troupeaux et parcourons de grandes plantations de pommiers. Sur le bord de la route les maisonnettes proposent à la vente gelée de pommes, confitures où autres salames (grands saucissons) qui semblent être la spécialité du coin.

      

Sao Joaquim, la ville la plus froide du Brésil. Il n'est pas rare qu'il y neige en juillet, au plus fort de l'hiver  de l'hémisphère sud et les brésiliens viennent de loin pour se livrer à des batailles de boules de neige et  participer à des concours de bonhommes de neige. Je me plante dans les rues de la ville dépourvue de panneaux indicateurs et pour la deuxième fois au Brésil je me résous à demander mon chemin aie aie...

La première fois j'avais essayé d'obtenir des renseignements concernant le parc national de Sao Joaquim à l'office du tourisme. Pendant dix minutes j'ai tenté de déchiffrer cette langue où le son « dche » semblent être la base tellement il semble présent dans tous les mots. Finalement j'avais renoncé et j'étais ressorti avec une carte de la région mais sans les renseignements escomptés. 

Aujourd'hui c'est pareil, je pédale. Je guette les voyelles qui pourraient m'aiguiller et surtout les gestes  de la main qui peuvent m'orienter et au bout de cinq minutes je perce le mystère et comprend à peu près la direction à suivre. Ces deux essais me décideront finalement à feinter la ville de Porto Allègre et ses trois ou quatre millions d'habitants plus au sud...

Enfin sortis de la ville, nous plongeons dans la descente la plus folle de notre parcours à travers le monde. Pendant huit kilomètres nous parcourons une saignée à flanc de montagne avec des pourcentages de près de vingt pour cent en première et le pied sur le frein, nous frôlons la paroi ruisselante et sur notre gauche l'à-pic est  vertigineux. Masya proposée aux photos, craque et s'enfuie se réfugier sur la banquette arrière et Mathieu qui a pris sa place mitraille la vallée mille cinq cents mètres plus bas. Impressionnant !

      

Nous avons maintenant rejoint la côte atlantique et prenons un cap au sud au travers des rizières et des vastes prairies. Le paysage défile sous la grisaille qui par moments s'écarte, dévoilant quelques petits lacs

       


A l'approche de Porto Allègre que nous voulons éviter, nous nous enfonçons dans la bande de terre coincée entre l'atlantique et le lac dos Patos. Le paysage reste immuable. Il faut descendre loin pour trouver les premières forêts de pins et longer des deux canaux qui abritent une faune d'oiseaux et de rongeurs impressionnants par la taille, une sorte de ragondins de la taille d'un beau cochon. Ils vivent en famille et broutent paisiblement l'herbe en compagnie des vaches et des moutons.

A Jose do Norte, nous marquons une halte avant de nous embarquer pour traverser l'estuaire qui nous sépare de Rio Grande. Le village est paisible. Quelques bateaux de pêche attendent les beaux jours pour reprendre la mer tandis que quelques taxis-carrioles attelées à de petits chevaux attendent patiemment  l'arrivée des traversiers pour trouver à s'employer.

      

Une traversée rapide nous amène à Rio Grande. Il reste quelques bâtiments coloniaux sur le front de mer mais nous ne nous attardons pas et reprenons la route vers l'Uruguay que nous rejoignons après une dernière nuit passée sur le bord de la route. 

Dernière mise à jour ( Wednesday, 01 February 2012 )

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Ecrit par FADM  
Saturday, 21 August 2010

 

Argentine : Dernière, fin du voyage


Nous descendons rapidement vers Buenos Aires en longeant le fleuve Uruguay. Les laissés pour compte commencent à faire leur apparition à l'approche de la capitale de ce vaste pays. Ils sont installés dans des logements de fortune sur le bord de la route et vivent du passage en vendant quelques poissons, réparant pneumatiques ou offrant leurs services à ceux qui en ont besoin.

                      

Nous nous arrêtons à Tigre, dans la banlieue nord de la ville. Cette petite localité à la réputation d'abriter un grand marché d'artisanat. Construite sur le rio de la Plata à la façon d'une petite Venise, les habitants se déplacent en bateau.

    

Nous trouvons refuge dans un camping de la ville, le seul. Tous les camping-caristes ont l'habitude de s'y arrêter ou d'y laisser leurs véhicules lors de retours temporaires au pays. Même s'il n'offre pas un grand confort, on y trouve la sécurité et les propriétaires sont gentils et prévenants. Nous y restons deux jours. D'un coup de bateau, nous gagnons le marché de l'artisanat pour une visite décevante. Les échoppes se touchent de part et d'autre d'un canal aux eaux noires de pollution et offrent aux visiteurs : mobilier, fleurs ou tout un tas de choses inutiles. Nous sommes loin de la Bolivie ou du Pérou et de leurs marchés grouillants de vie et colorés. Ici rien ne nous tente. C'est un bon marché pour faire des économies !

Notre rendez vous est pour le lendemain et nous quittons le camping pour nous rapprocher du port. Nous y rencontrons Véronique et son gros camion. Elle est en Argentine depuis quelques mois et doit rentrer en France avant de revenir pour continuer son périple en direction du continent nord américain. Nous sympathisons et sommes bientôt rejoins par Sébastien, Ludo, Fabien, Yan, Bertrand et leurs familles. Tout le monde est arrivé en fin de voyage et attend le départ vers la métropole. On se raconte nos voyages et nos problèmes qui aujourd'hui nous font sourire. Les enfants ont pris possession du parc et jouent sous la surveillance discrète des parents qui rangent et nettoient les véhicules avant le grand retour. Le bord de la rue Julietta Lanteri ressemble à un mini camping avec les sept camping-cars garés en file indienne.

      

      

Je reviens de mon rendez vous avec l'agent de chez Grimaldi. Demain nous nous séparerons de notre maison à roulettes que nous retrouverons au Havre début juillet. Malgré le vol précédent pendant la traversée entre l'Australie et les Etats Unis, je décide d'isoler à nouveau la cellule. Je ressors de dessous le lit de kachiri filet de chaines et planches et me voilà au travail. Ce coup-ci j'ai pris la précaution d'enlever l'échelle de toit par laquelle les pilleurs étaient montés sur le toit. Nous vidons le maximum de choses et croisons les doigts en espérant que cette traversée se passera sans encombre.

      

Mercredi 2 juin 2010, 8 heures, je retrouve le transitaire sur le port et nous commençons le cheminement qui me mènera au dépôt d'avant embarquement. Pour contrer le trafic de drogue, le véhicule est passé au scanner. Un scanner géant auquel rien n'échappe. Tout ce qui transite par le port est soumis à fouille. Cà y est, nous arrivons dans le garage où le véhicule attendra d'être chargé pour son dernier voyage. C'est avec un peu d'émotion que je donne la clef à l'agent de la compagnie Grimaldi.

Je quitte le port et retrouve masya et Mathieu à l'hôtel que nous avons réservé. Nous partageons une grande chambre dortoir avec Ludo et sa famille. La promiscuité ne durera que deux jours.

Le soir nous retrouvons Manu et sa famille dans un grand restaurant de la ville pour un repas de fin d'aventure. Au menu parilla bien sûr et vin argentin.

Il nous reste un jour que nous employons pour visiter buenos Aires.

Une fois n'est pas coutume, nous décidons d'effectuer la visite du haut d'un bus à étage. Pendant les trois heures de balade, un guide  distille un flot d'informations qui se perdent quelque part dans nos cerveaux déjà en partance. Les quartiers et avenues défilent. Tient nous voilà devant le stade de la Boca. C'est la que Maradona à fait ses armes. L'idole illumine les façades des échoppes et ornent tee shirts, casquettes ou maillots. Les petites maisons de bois joliment colorées s'alignent dans ce qui est pour moi le plus beau quartier de la ville.

       

      

      

La journée du 3 juin arrive. C'est fini, le taxi nous conduit à l'aéroport. Nous sommes tristes d'arriver au bout du périple et contents de rentrés pour retrouver kachiri, la famille et les amis.

Un dernier regard depuis le hublot du boeing d'Alitalia sur cette Amérique du sud que nous avons aimée. Une page est tournée!


Dernière mise à jour ( Sunday, 11 December 2011 )

Top! Top!